vendredi 10 juillet 2009

Sabot Magazine - Hors-Série n°2 (Rappel)

Les vacances approchent... , n'oubliez pas de vous procurer le Hors-Série n°2 qui est toujours en kiosque !

Nous en profitons pour vous faire partager un aperçu de ce bel ouvrage...

"Convaincu que « le cheval est le médecin des sols », Oronce de Beler s’est penché sur les outils dont disposait le praticien pour accomplir sa mission. Son constat a été édifiant. La très grande majorité des laboureurs au cheval utilise des outils anciens, ceux élaborés pendant la première moitié du 20ème siècle. Le jeune homme, laboureur au cheval depuis 2005 dans le vignoble bourguignon, mais aussi à la tête d’une société baptisée Oroncio spécialisée dans le négoce de vins, la fabrication et la distribution d’équipements professionnels de labour au cheval, s’est mis à la tâche pour produire un porte-outil moderne qui permettrait d’accomplir toutes les opérations de travail du sol. C’est ainsi qu’est née en 2008 la charrue Equivinum, en fait un porte-outil multifonction capable de buttage, de griffage, de binage, de sous-solage, de décavaillonnage.

Oronce de Beler dénote dans le milieu un peu figé de la traction animale. Ce boulimique de projets, comme il le dit lui-même, mû par un esprit d’entreprise qui ne le quitte jamais, affiche un parcours atypique. Le jeune chef de publicité à la Revue des Vins de France se met en congé individuel de formation en 2004, quitte la vie parisienne et rejoint le CFPPA de Beaune pour passer un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole. Il y découvre le labour et la biodynamie.

La Bourgogne et ses vins prestigieux fascinent le jeune homme. Cette volonté d’excellence qui fait la réussite des grands domaines viticoles lui parle au cœur. Mais ne l’aveugle pas pour autant. Il est conscient des dérives productivistes des patrons de vignes, de la gourmandise irraisonnée de la viticulture pour les produits chimiques. Son avenir dans le vignoble bourguignon sera autre. C’est au pas lent du cheval de trait que l’homme pressé de vivre entend parcourir la vigne.
Créateur appliqué, perfectionniste, Oronce de Beler ne renierait pas le proverbe indien qui dit que « la charrue est le fondement de tous les arts ». S’il considère effectivement que le travail de la vigne confine à l’art, il sait que l’artiste, le laboureur en l’occurrence, ne peut faire l’économie d’outils parfaitement adaptés.
Allier l’efficacité et la performance à la facilité d’utilisation est l’obligation qui a guidé Oronce pendant la phase de conception de ses porte-outils. L’amélioration des conditions de travail pour le laboureur et pour le cheval n’est pas oubliée. Les premiers exemplaires de la charrue Equivinum ont été commercialisés en 2008. Est-ce un signe porteur d’espoir ? La première commande est venue des Etats-Unis, de l’état de Washington.
Parmi les éléments de conforts voulus par Oronce, on peut noter une roue gonflée, un manche réglage multi-positions. Pour le cheval, Oronce préconise l’utilisation d’un palonnier à ressorts amortisseurs de chocs. Autres éléments techniques de la charrue Equivinum : le tirant de l’âge est mobile ; ce même tirant dispose d’une correction de dévers à sept positions ; tous les outils adaptables sont conçus de manière à pouvoir faire varier l’inclinaison de l’angle du piquage dans le sol.

La charrue peut recevoir tout type d’outils pour faire face au cycle annuel des travaux dans la vigne. Un buttoir simple et double avec un versoir hélicoïdal forgé spécialement pour la traction animale, un kit de cinq étançons pour le binage et le griffage, un canadien à cinq dents et une décavaillonneuse avec une lame intercep escamotable. Le poids de la charrue varie de 40 à 60 kilos, en fonction de l’outil utilisé. Un poids tout à fait comparable à celui des charrues anciennes. Les outils pour travailler la terre ne doivent pas être trop légers, si l’on veut que leur pénétration dans le sol soit correcte. Trop lourd, il deviendrait difficile à manier. Avec l’arrivée d’outils modernes adaptés, le travail dans la vigne franchit une étape. L’image passéiste véhiculée par le travailleur au cheval avec ses outils du siècle passé s’estompe un peu. Des outils modernes qui ont bien sûr un coût. « On ne peut pas espérer développer une activité en s’appuyant uniquement sur de vieux outils récupérés dans des hangars ou achetés pour quelques dizaines d’euros dans des brocantes. Toutes les professions, toutes les activités de production font appel à des outils plus ou moins importants. Personne ne s’indigne de devoir les payer. Il ne peut en être autrement pour la traction animale ».
Implanté seulement depuis quelques années en terre bourguignonne, Oronce de Beler y a déjà profondément tracé son sillon. L’envie d’entreprendre qui l’anime et l’intérêt qu’il porte à la traction animale dans la vigne devraient l’amener à poursuivre sa marche en avant. En restant fidèle à sa devise : « Ne pas faire ce que l’on connaît, mais ce que l’on sent »."

Texte & Photos: Jean-Léo DUGAST

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