vendredi 6 novembre 2009

VITI, Vins Effervescents Septembre 2009 N°354

Merci à Alain LHOPITAL et sa société EQUI-TRAIT-SERVICE d'avoir mis en avant le travail du sol au cheval. Alain c'est installé à son compte depuis peu en prestation de labour à cheval dans le vignoble champenois. Ayant préparé de manière très professionnelle l'installation de sa nouvelle activité, il évolue rapidement et la demande des vignerons ne cesse de grandir. Equivinum le suit depuis le départ pour l'équipement equi&viticole de ces deux chevaux, Pégaze et Polka.
Voici l'article paru de magazine VITI du mois de septembre:
"REPENSER SON TRAVAIL POUR UN "VIN DE TERROIR"

Travailler le sol pour exprimer au mieux les qualités de son terroir... c'est le "nerf" du travail de Pascal Agrapart, vigneron champenois. Ainsi, si l'an 2000 n'a pas été le théâtre du bug tant attendu, il a vu plusieurs techniques ancestrales ramenées au premier plan par ce vigneron atypique : labour à cheval, rognage manuel et pulvérisateur à dos. De quoi obtenir une cuvée particulière, très prisée des consommateurs...
Avize, Champagne, le 29 juin 2009, 9 heures. Pégaze, cheval de trait ardennais, remonte sans effort apparent une ligne de vigne de la parcelle "les fosses". Encore une heure de travail et les 30 ares seront labourés. Une surface "d'expérimentation" pour Pascal Agrapart. Y passeront également le vigneron et son atomiseur à dos, l'homme chargé du rognage manuel... tout pour éviter la compaction des sols, conséquence du passage de l'enjambeur. Quelque 2300 bouteilles d'une cuvée nommée Vénus (nom d'une jument de la famille Agrapart) sortent annuellement de ce travail. Un concept qui plait...
HOMME ET CHEVAL, UNE SYMBIOSE D'EFFORTS. Pourquoi 30 ares ? "L'idée était de faire une cuvée, il me fallait donc obtenir un marc suffisant pour l'isoler", élude Pascal Agrapart. Installés depuis les années quatre-vingt sur le domaine familial de 10 hectares, à Avize dans la côte des blancs, ce vigneron atypique et son frère Fabrice ont lancé ce projet en 2000. Les frères Agrapart décident donc d'éviter tout passage d'engins mécanisés sur la parcelle sélectionnée. Fervents défenseurs du desherbage mécanique, ils acquièrent une jument boulonnaise dressée de onze ans, pour la somme de 3000 euros : "Je connaissais quelques vignerons d'autres régions qui travaillaient avec des chevaux, explique Pascal Agrapart, et mon grand-père était charretier. Nous avions déjà tous les outils sur place." Détail important, puisqu'une charrue de ce type coûte de 2500 euros à 4500 euros suivant le modèle, et qu'un harnachement de travail spécifique à la vigne peut représenter un investissement proche des 1500 euros (tarifs Equivinum). Se lançant, il passe son interceps monorant cinq à six fois par an pour conserver un sol nu de mars à juillet. "Je laboure sur sol propre. La charrue est là pour empêcher l'herbe de pousser, pas pour la couper. Je fais un débuttage/décavaillonnage à la fin mars, une fois la taille et le liage achevés. Je descends alors à 7-8 cm de profondeur. Je retravaille ensuite le sol sur le milieu. Ma fréquence de passage est ensuite d'environ tous les 15 jours jusqu'au 15 juillet." Au mois de septembre, du mouron couvre l'interrang. Il est conservé pour la vendange et ne sera retourné qu'en mars de l'année suivante. "Tout cela se déroule sans encombre si le cheval est bien dressé. On essaye d'être toujours deux pour le mener car, malgré la fréquence des passages, le cheval peut mettre du temps à mémoriser le travail. Dans tous les cas, on peut avancer à 3-4 km/h en monorang." Un passage qui peut s'effectuer dans des conditions légèrement humides tout en conservant une bonne qualité de travail du sol. La jument Vénus des Champagnes Agrapart étant décédée l'année dernière, Pascal Agrapart fait appel à un prestataire de service local (Viti Trait Service). Accompagné de deux chevaux de trait ardennais, il facture 350 euros son travail sur les 30 ares de la parcelle des "fosses"... "moins coûteux pour cette surface que d'entretenir son propre cheval à l'année", assure Pascal Agrapart. Les pulvérisations se pratiquent avec un atomiseur à dos d'une contenance de 10 litres : "La pulvérisation manuelle me demande une heure de plus. Je récupère le fond de cuve de l'enjambeur pour remplir mon atomiseur." Une durée de travail supplémentaire à prendre en compte si l'on souhaite se lancer dans pareille démarche : "Je pense que tout est question de volonté. Mon idée était de faire un essai. Si on l'étend à la totalité d'une exploitation il faut imaginer que derrière il y a tout le travail qui va avec... pour moi ce n'est pas encore envisageable." Augmenter leur surface d'essai de 30 nouveaux ares reste néanmoins plausible pour Pascal et Fabrice Agrapart.
UNE CUVÉE RENOMMÉE. Ainsi, il existe aujourd'hui une cuvée nommée Vénus qui représente 2300 bouteilles par an. "Cette cuvée nous semble plus minérale, plus fraîche, plus liée aux qualités de notre terroir que d'autres de notre gamme." L'objectif de mettre le terroir en valeur par le travail des sols, de sortir des vins technologiques qui, pour Pascal Agrapart, "manquent souvent de personnalité, de caractère", semble donc atteint. Fruit d'une vinification parcellaire (sol-argilo-calcaire en bas de coteaux), 100% barriques, sans filtration, en levure indigènes (sans ensemencement), la cuvée aboutit sur un degré alcoolique naturel compris entre 12° et 12,5°. "Mon idée phare est de tirer un millésime chaque année, car si l'on adopte de bonnes pratiques culturales, avec un travail régulier de son sol, on lisse l'effet millésime et on permet au terroir de surpasser l'effet cépage.", ajoute Pascal Agrapart. La cuvée Vénus connaît ainsi un franc succès à 60 euros la bouteille, puisque les stocks sont actuellement épuisés. Soucieux de conservé l'aspect confidentiel du produit, il ne communique pas beaucoup sur la démarche. "Notre meilleure action de communication semble avoir la réaction de nos voisins vignerons qui jugeaient notre démarche un peu "folle"!", avoue Pascal Agrapart avec un sourire."
Photos de Pixel Image
Texte de R. RAPP
Retrouvez Alain LHOPITAL sur http://viti.trait.service.free.fr/

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